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Quand Metz se fait charmeuse [Archives] - Lorraine Café

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apaloosaaa
14/12/2007, 16h20
Un très joli texte qui décrit bien les styles architecturaux des différents quartiers....


Metz a conservé la trace architecturale de toutes les époques qu'elle a traversées. Avec une rare harmonie. Un condensé d'histoire à découvrir, le long des rives de la Moselle.

Les stéréotypes ont la vie dure, et Metz, la capitale de Lorraine, essaie depuis longtemps de s'en défaire. Metz, ville industrielle ? Il n'y a pas un seul haut-fourneau à l'horizon ! C'est la proximité de la vallée de la Fensch, le « Texas » lorrain avec ses mines et ses usines, berceau de la dynastie des Wendel, qui brouille son image. Avec sa situation géographique, centrale en Europe, l'ancienne capitale de la Lotharingie, qui reliait Aix-la-Chapelle à Rome, a été d'abord une redoutable commerçante.

Metz, militaire ? Elle le revendique et en tire le meilleur parti. Il n'y a qu'à voir ce qu'elle fait de ses édifices militaires. L'Arsenal, bâtiment puissant construit sous Napoléon III et réinventé par le génial architecte espagnol Ricardo Bofill, s'est mué en une salle de concert, inaugurée par feu Rostropovitch en février 1989 et réputée pour son acoustique, l'une des meilleures d'Europe. Juste à côté, le Magasin aux vivres est tout ce qu'il reste de la citadelle construite en 1559 pour résister aux ennemis, après que Charles Quint a tenté en vain de se rendre maître de la ville. Echaudés, les Messins, qui en avaient assez de nourrir les soldats, avaient alors exigé que ceux-ci aient leurs propres réserves. Aujourd'hui, ce magnifique grenier de trois étages et de 6.000 m2 a été transformé en hôtel de luxe (4 étoiles), le seul que compte la ville (voir ci-dessous).


Désormais à une heure vingt de Paris en TGV, Metz vaut vraiment le détour. La ville fait d'ailleurs tout ce qu'elle peut pour attirer le chaland et, en cette période de fêtes de fin d'année, promeut son marché de Noël, le plus grand de l'est de la France après Strasbourg. Mais son patrimoine architectural vaut à lui seul le déplacement. Metz est certes germanique, mais pour son seul quartier « impérial », bâti à l'époque de Guillaume II, après l'annexion de 1870. Pour faire la guerre, il lui fallait une grosse gare. Son architecte lui proposa un projet intitulé... « Licht und Luft » (« Lumière et Air » !), qu'il amenda allègrement pour revenir au style néo-roman qui lui était si cher. En face, la poste, construite en grès rose, ressemble à un énorme château fort des bords du Rhin. Sous réserve de respecter certaines règles, les particuliers ont pu faire appel à des architectes européens de tous les courants, métamorphosant ce quartier de la gare en un magnifique patchwork multiculturel, qui lui vaut aujourd'hui d'être candidate au label « patrimoine mondial de l'Unesco ».

En poussant plus loin, le voyageur découvre le coeur historique de la ville. Metz compte une centaine de monuments et d'édifices protégés qui tous racontent un peu de sa très ancienne histoire. Cité gallo-romaine d'abord, dont on aperçoit encore les vestiges en se promenant autour des musées de la Cour-d'Or - qui contiennent de nombreuses collections archéologiques - ou autour de l'abbatiale Saint-Pierre-aux-Nonnains, la plus ancienne église de France (IVe siècle), initialement palestre d'un complexe thermal.
Un air d'Italie

Grande cité marchande du Moyen Age ensuite, à la croisée des routes commerciales qui traversaient l'Europe. A cette époque, Metz est une ville libre qui, frappant sa monnaie, a recours aux banquiers lombards pour la changer. En arrivant à Metz, ils apportent avec eux un peu de leur pays natal, que l'on retrouve place Saint-Louis, le haut lieu du commerce médiéval, où ils s'installent. Aujourd'hui encore, ses arcades aux allures très italiennes protègent les anciennes tables de change et les entrées inclinées (pour y rouler les tonneaux) de ses caves. Au détour des ruelles sinueuses des autres quartiers médiévaux de Metz, on découvre de nombreux vestiges du passé, mais aussi les antiquaires, les bouquinistes et toutes sortes d'autres échoppes où sont perpétués les vieux métiers (luthier, relieur, etc.).

http://www.lesechos.fr/medias/2007/1214/4660527.jpg (http://javascript<b></b>://)
Le Temple-Neuf, qui se mire dans les eaux tranquilles de la Moselle, trône à la pointe du jardin d'Amour.


Joyau gothique du Moyen Age, la cathédrale Saint-Etienne - la plus importante surface de vitraux anciens du monde y côtoit celle, moderne et éclatante de couleur, réalisée par Marc Chagall - trône sur la place d'Armes, à l'architecture toute classique du XVIIe siècle français, aux côtés de la mairie ou de l'ancien corps de garde. A Metz, les genres se mélangent sans se déranger. Comme place de la Comédie, où le très classique opéra-théâtre donne la réplique au Temple-Neuf, lieu de culte protestant - autre édifice néo-roman rhénan construit en grès gris sous l'ère de Guillaume II.
A la tombée de la nuit, magnifiquement éclairé, comme tous les monuments messins, il trône à la pointe du jardin d'Amour, une petite île de verdure entourée de deux bras de la Moselle. Une image fluviale, inattendue, qui sied si bien à Metz.
MIREILLE WEINBERG



Source : http://www.lesechos.fr/info/loisirs/4658783.htm

robert_remy
14/12/2007, 21h38
sympa l'article

apaloosaaa
15/12/2007, 07h29
sympa l'article


J'ai trouvé aussi que c'était bien écrit et caractérisait bien l'architecture de Metz